La Horde d'Or à Asnières 92600 une association de Jeux d'Histoire avec figurines : Règles historiques > DBA, LOTOW ... Règles fantastiques > Star Wars Miniatures Starship Battle, le Seigneur des Anneaux, WarHammer 40K, AT-43, WarHammer Battle ...
| 2007 L'année Vauban | |||||||||||
| Un ouvrage bien illustré avec les visites des fortifications dans toute la France. | |||||||||||
| Extrait du site Historia.fr .../... | |||||||||||
| "Pour entrer dans le vif de l'Histoire" | |||||||||||
| N°106 | |||||||||||
|
| |||||||||||
| Le soldat Par Le 2 mai 1668, le traité d'Aix-la-Chapelle met fin à la guerre de Dévolution, commencée deux ans plus tôt entre la France et l'Espagne. Celle-ci récupère la Franche-Comté, la France s'enrichit de douze villes des Pays-Bas dont Armentières, Lille, Douai et Bergues (de nos jours en France), Ath, Tournai, Courtrai (dans l'actuelle Belgique). En novembre de cette même année, le roi confie à Vauban l'édification de la citadelle de Lille, sous la direction de Louvois, qui, âgé de 27 ans, oeuvre avec son père Michel Le Tellier alors secrétaire d'Etat à la Guerre. Il lui succédera à ce poste en janvier 1677 lorsqu'il deviendra chancelier de France. A l'origine, Louvois propose à Louis XIV la construction d'une collection de plans-reliefs des places fortes françaises destinée à pallier la qualité parfois insuffisante des cartes. Il s'agit de pouvoir contrôler les travaux d'un chantier grâce à une maquette en trois dimensions. Le roi qui en possède déjà quelques-unes, offertes par des ingénieurs militaires ou civils, en comprend immédiatement l'utilité. Pas tant pour un suivi des travaux qu'à des fins purement stratégiques. Toutes vont être établies à partir de relevés topographiques et de cartes d'une grande précision réalisés au cours des campagnes militaires. A partir des années 1680, une seule échelle est retenue, celle d'un pied pour cent toises, soit notre 1/600e. C'est le cas par exemple de Mont-Dauphin en 1693, ou de Neuf-Brisach (lire page 64) en 1697, qui sont créées ex nihilo. La maquette est parfois plus complète que la réalité car certains ouvrages prévus n'ont jamais été réalisés. D'autres reliefs sont exécutés sur place, en même temps que la place forte. Pour l'une des premières, Louvois écrit le 25 novembre 1668, à Vauban qui supervise les travaux : « Comme je désire faire pendant cet hiver un relief de la fortification d'Ath [dans le Hainaut] comme elle sera en sa perfection, je vous prie de laisser à La Lande ou à votre cousin tous les profils nécessaires pour que celui que j'y enverrai puisse le faire exactement. » Vauban, lui, s'inquiète du coût de ces reliefs qu'il préférerait voir servir à l'édification des forteresses elles-mêmes. Ainsi s'épanche-t-il dans une lettre du 23 mai 1693 à l'ancien contrôleur général des finances Claude Le Peletier : « C'est un argent assez mal employé que celui des reliefs. » Il écrit au même deux ans et demi plus tard : « Il y a un relief de Namur dans les Tuileries, je vous demanderai d'avoir la complaisance d'y venir avec moi. Je vous ferai toucher au doigt et à l'oeil tous les défauts de cette place, qui sont en bon nombre [...]. » Et c'est lui qui, en 1697, recense les 144 plans concernant 101 places fortes. Il écarte ceux qui sont inutiles, demande la réactualisation de certains, et propose leur installation dans une galerie du Louvre pour en permettre une lecture efficace. C'est dire combien il en reconnaît alors la valeur car cela permet d'avoir sous les yeux toutes les fortifications françaises et de prendre la bonne décision militaire. Certaines de ces maquettes ont traversé les siècles : Ath, Bouillon, Charleroi, Menin, Ostende, Tournai, Ypres en Belgique, Philippsbourg en Allemagne. En France, ce sont Auxonne (1677), Calais (1691), Bergues et Gravelines (1699), Embrun, Perpignan et Villefranche-de-Conflent (1701), Blaye, Saint-Martin-de-Ré et le Château-d'Oléron (1703), Belle-Ile (1704), Neuf-Brisach (1706), Mont-Dauphin (1709). Celle de Besançon (1722) est postérieure à l'édification de la place forte. On connaît les réalisateurs de certaines d'entre elles : Jacques Laurens pour Villefranche-de-Conflent, Montaigu pour le Château-d'Oléron et le fort de la Prée, ou Tessier de Derville pour Belle-Ile. Les pouvoirs successifs ont perpétué cette tradition des plans-reliefs, à des échelles diverses. Des maquettes originelles, certaines ont été détruites (Valenciennes, Brouage, Saint-Malo), notamment lors du transfert de la collection aux Invalides en 1877. D'autres se sont détériorées ou ont été remises à la ville qu'elles représentent. D'autres enfin ont été remaniées, restaurées ou remplacées. Ainsi, le plan-relief de Besançon réalisé en 1676 a disparu. Mais il en existe un nouveau, exceptionnel, exécuté en 1722 et restauré à plusieurs reprises. La collection a été classée en 1927. Installée aux Invalides, d'abord dans les combles, elle a été rassemblée en 1943 dans un lieu spécifique, le musée des Plans-Reliefs. Il expose 27 reliefs des Pyrénées et du littoral Manche-Atlantique-Méditerranée. Les autres sont en cours de restauration. Enfin les maquettes des fortifications du Nord ont été transférées à Lille, au musée des Beaux-Arts.
| |||||||||||
| Des ateliers de maquettes et des parcours ludiques pour les enfants sont organisés, notamment pendant les vacances. Réservations au 01 45 51 92 45. | |||||||||||
| Atelier citadelle Fortification médiévale | |||||||||||
| Fortifications : la preuve par trois Par Né de la volonté de Louis XIV, le réseau homogène de places fortes qu'on qualifiera de « ceinture de fer », constitue le premier système de défense global des frontières du royaume. Il est habituel d'en imputer l'exécution au seul Vauban et même si son rôle a été prépondérant, il s'inscrit dans une chaîne d'opérations qu'il convient de rappeler. Au sommet, le roi décide des travaux à effectuer en fonction des informations fournies par ses deux ministres, Louvois et Colbert, l'administration des fortifications étant partagée entre les départements de la Guerre et de la Marine. Ces décideurs sont férus de l'art de la fortification, qu'ils ont appris à la lecture des traités et des mémoires adressés par le commissaire général des fortifications : le chevalier de Clerville, puis Vauban à partir de 1678 ; celui-ci joue le rôle de conseiller technique. Les relais provinciaux, gouverneurs des places et intendants, passent les marchés avec les entrepreneurs et procèdent aux réquisitions pour l'exécution des travaux par corvées. Le relais technique du commissaire général est le directeur des fortifications et l'ingénieur en chef de la place ou de la province qui, avec l'entrepreneur, réalisent les projets approuvés. Vauban se déplace sans arrêt d'une frontière à l'autre, inspectant les places fortes et rédigeant des projets qu'il envoie à Colbert ou à Louvois. Ce dernier traite directement avec les intendants et les ingénieurs locaux pour exercer un contrôle continu des chantiers, autant sous l'aspect financier que technique. Dans un souci d'efficacité, Vauban harmonise les procédures administratives en imposant des modèles de devis, d'adjudication, d'abrégé des dépenses, etc. Pour uniformiser les procédures techniques, il a recours à des modèles qu'il fait graver et diffuser aux ingénieurs pour les guider dans leur travail quotidien. Des plans types de casernes, magasins à poudre, profils de revêtement sont ainsi imprimés. Cette normalisation voulue par Vauban laisse cependant le champ libre à l'adaptation des formes architecturales aux conditions locales (matériaux, climat). Les documents ainsi formalisés et unifiés permettent de visualiser la progression des travaux, notamment par l'usage de couleurs conventionnelles. Ils constituent des instruments d'information et de contrôle. Pour exemple, sur les plans de Camaret, les ouvrages déjà construits (avant tout réaménagement ou modification) sont représentés avec la couleur rouge ; le jaune est utilisé pour figurer les réalisations architecturales de l'année 1696. Leur généralisation est un facteur d'efficacité, pour l'exécution quotidienne au niveau local et, au niveau supérieur, pour la prise de décision. Dans cette conjonction de compétences, Vauban a été l'instrument essentiel de l'entreprise royale, bénéficiant, sur cinq décennies, de la vision d'ensemble qui a rendu possible la réalisation d'un programme impressionnant de réalisations d'une grande diversité architecturale auxquelles la puissance et la géométrie donnent une unité remarquable. Au sujet de l'art de la fortification, Vauban n'hésite pas à rédiger des traités sur l'attaque et la défense des places et sur les camps retranchés. Toutefois, il refuse de faire oeuvre de doctrinaire. D'autres s'en chargent pour lui puisque, dès 1681, l'abbé Du Fay publie La Manière de fortifier selon la méthode de Vauban. Le grand ingénieur a cependant formalisé ses conceptions dans les innombrables mémoires qu'il a rédigés sur les places fortes qu'il remanie ou construit ex nihilo. Partant du cas particulier d'une place donnée, il livre des indications plus générales que l'on retrouve également dans l'abondante correspondance qu'il échange avec Louvois et avec ses équipes d'ingénieurs. Lorsque Vauban prend en charge les fortifications du royaume, c'est le règne incontesté de la fortification bastionnée, pratiquée en France depuis un siècle. Vauban commence par appliquer les principes de la fortification « à la moderne » qu'il a pu étudier dans les traités théoriques, notamment Les Fortifications du comte de Pagan (1645). Puis, l'expérience des sièges lui permet de constater les points faibles de la fortification bastionnée auxquels il va s'attacher à remédier tout au long de sa carrière. Ces remaniements dans les tracés et les formes architecturales amèneront la postérité à présenter le grand ingénieur comme l'inventeur de « trois systèmes de fortification ». Dans les places relevant de ce premier système, Vauban utilise les procédés de ses prédécesseurs, le profil terrassé et le tracé bastionné. Considérant les bastions comme les points les plus vulnérables du dispositif, il les construit suffisamment grands pour recevoir de nombreux défenseurs armés de mousqueterie et de quelques pièces d'artillerie ; en avant des courtines rectilignes, Vauban installe des tenailles et des demi-lunes pour ajouter des feux croisés à la défense des saillants des bastions, couvrir les flancs du corps de place et les portes de ville ; il renforce le chemin couvert par des traverses pour éviter le tir en enfilade. Lille (1667), Maubeuge (1678), Longwy (1679), Phalsbourg (1679), Sarrelouis (1680) illustrent cette première architecture défensive. Le second système répond à la nécessité de renforcer la défense des cités en raison des progrès que Vauban a réalisés dans l'attaque des places fortes, notamment par l'emploi du tir à ricochet. Il va donc s'ingénier à dissocier la défense de la ville de l'action lointaine contre l'assaillant : en détachant les bastions du corps de place, il réalise un redoublement de l'enceinte. Cette enceinte extérieure, ou « de combat », est destinée à l'action lointaine. Exposée aux feux de l'ennemi, elle est protégée par les feux de la ligne arrière constituée par l'enceinte intérieure, ou « de sûreté » : elle est formée par la courtine prolongée et flanquée par les feux bas des tours casematées construites à la gorge des bastions détachés. Protégée par les ouvrages situés en avant, elle échappe ainsi à la vue de l'ennemi. Vauban applique ce tracé à Belfort en 1684 et à Landau en 1688. Il s'agit-là du perfectionnement du second système par la brisure de la courtine de l'enceinte de sûreté qui améliore le flanquement du fossé en avant des tours. Comme les bastions, les demi-lunes sont dédoublées à leur gorge d'un réduit terrassé avec fossé. Le nombre d'enceintes, donc d'obstacles que l'assaillant devra emporter est ainsi multiplié. Construite en 1698, Neuf-Brisach en est l'unique réalisation, que Vauban peut librement appliquer en raison d'un site vierge et rigoureusement plat. En 1705, dans le Traité de l'attaque des places, Vauban donne la méthode pour prendre à coup sûr une fortification à tours bastionnées de ce type, synthèse des perfectionnements qu'il a apportés à la fortification. De cet apparent paradoxe, découle le rôle que l'ingénieur militaire donne aux places fortes : aucune place, même la meilleure, n'est invulnérable, et sa valeur réside essentiellement dans le temps qu'elle mettra à résister à l'assaillant - 48 jours selon lui - pour une fortification dite régulière et correctement défendue. Vauban porte la fortification bastionnée à son apogée en perfectionnant, dès ses premières réalisations, l'échelonnement de la défense en profondeur, qui aboutit à la séparation des organes destinés à l'action lointaine de ceux affectés à la lutte rapprochée. La réflexion de Vauban est évolutive et celui-ci confie à la fin de sa vie « apprendre plus que jamais à fortifier ». En effet, l'utilisation de plus en plus massive de l'artillerie pendant les sièges redonne à l'attaque la supériorité et met en évidence les causes de la faiblesse de la défense, l'insuffisance de l'artillerie des places et du nombre de locaux à l'épreuve de la bombe, auxquelles devront réfléchir les successeurs de Vauban.
| |||||||||||
| Extrait du site .../... | |||||||||||
|
| |||||||||||
Les citadelles Vauban
| |||||||||||